
Il y a un mois, Bernard Stamm et Jeff Cuzon s’élançaient sur la Transat Jacques Vabre. Alors qu’ils s’illustraient avec maîtrise aux avant-postes de la flotte, la course s’est arrêtée nette pour les deux navigateurs. Victimes d’une voie d’eau importante, quatre jours seulement après le départ, et évoluant dans des conditions météos particulièrement éprouvantes, ils étaient contraints de laisser le bateau dériver au large des Açores. Récupéré et remorqué jusqu’à l’île de Terceira cinq jours plus tard, le 60 pieds est désormais de retour à Brest, après un voyage en cargo.
Pour Bernard et son équipe, ce retour dans le port du ponant est une bonne nouvelle. Le rapatriement s’est finalement fait assez rapidement et les travaux de réparation vont pouvoir démarrer au plus vite.
« C’est vrai que c’est un soulagement de voir le bateau à Brest. On va pouvoir commencer à travailler dessus. La première étape est de faire une expertise un peu plus approfondie que celle que nous avons pu réaliser aux Açores. Là-bas, nous avons étudié les choses en surface pour comprendre pourquoi cette avarie était survenue. Il s’est avéré que c’est la rencontre avec un OFNI (objet flottant non identifié) qui a provoqué la voie d’eau. Désormais, il faut aller plus loin dans l’analyse de ce qui est cassé. Savoir de quelle manière c’est cassé et comment réparer. Dès lundi, nous nous retrouvons avec l’architecte, le chantier Décision SA et toute mon équipe pour mettre à plat tout ça et lancer la suite », a expliqué Bernard Stamm.
La suite, justement. Quelle est-elle ?
« A Brest, nous allons vider le bateau et démonter l’accastillage, le déshabiller en quelque sorte. En Suisse, chez Décision SA, un bout du moule du bateau a déjà été découpé pour lancer la construction d’un morceau de bordée. Cette pièce sera expédiée ensuite à Brest pour être installée sur la coque. Puis il faut renforcer mon équipe, faire appel à des professionnels de différents corps de métiers pour prendre part aux réparations. Et enfin, sortir les masques, les gants, les meuleuses, ponceuses et autres « engins de torture » pour que le bateau soit prêt à naviguer en avril et ainsi participer à l’Europa Race au mois de mai ».
Le bateau subira aussi des modifications que le skipper vaudois souhaitait mettre en place à bord lors du traditionnel chantier d’hiver, qui a certes pris de nouvelles dimensions. Des évolutions sur l’ergonomie et la protection du cockpit vont être opéré ou encore sur le plan de pont et le gréement pour simplifier les manœuvres et les changements de voiles. « Les navigations effectuées et les premiers jours de course ont été riche en apprentissages et ont révélé plein de petites choses à modifier et améliorer. Il faut entre autre, revoir le roof et la protection, ça mouille vraiment de trop et cela rend les conditions de navigation vraiment difficiles », a conclu Bernard.
