
Au cours de la dernière Transat Jacques Vabre, le nouveau 60 pieds de Bernard Stamm a été victime d’une collision avec un objet flottant non identifié (OFNI). Les skippers et le bateau étant sains et saufs, l’heure est au bilan: Que s’est-il passé?
Le choc subi par le bateau ayant provoqué une importante voie d’eau sur l’avant tribord, le navigateur breton-suisse et son coéquipier Jean-François Cuzon ont du être hélitreuillés en urgence. Quelques jours plus tard, le bateau est remorqué avec succès. Verdict sans appel: la coque a bel et bien heurté quelque chose, mais quoi? L’accident s’étant déroulé en pleine nuit, les skippers n’ont pas pu identifier l’objet en question.
A 300 milles dans le Nord des Açores, on pourrait penser à une rencontre impromptue avec une baleine ou un autre type de cétacé. Ce genre d’accident peut provoquer toutes sortes de dégâts sur les bateaux, comme un système de quille endommagé, ou un safran arraché. Mais cette hypothèse semble aujourd’hui éliminée. Puisqu’il s’agit d’une route commerciale, les skippers ont pu croiser une bille de bois, ou un morceau d’épave à la dérive. Enfin, dernière hypothèse probable: le bateau a pu toucher un conteneur.
Des conteneurs perdus
Il peut arriver qu’un cargo perde un conteneur pour diverses raisons, comme par exemple lors de mauvaises conditions météorologiques. Dans ce cas, le roulis et la tangage entraînent la rupture des câbles d’arrimage, une ou plusieurs boîtes pesant chacune des tonnes tombent à l’eau. Selon ce qu’elles renferment, elles peuvent flotter plus ou moins longtemps selon un cap fixé par le vent et les courants dominants.
Une autre explication peut venir d’un mauvais arrimage des conteneurs; certains bateaux de commerce étant parfois mal entretenus, les points de fixation en pontée, vétustes, peuvent se rompre.
Enfin, il peut aussi arriver que des cargaisons soient volontairement jetées par-dessus bord pour sauver un navire en danger. Et pire cas de figure : si celui-ci fait naufrage, ce sera alors l’ensemble des conteneurs qui se retrouvera à l’eau.
Chaque année, plus de 200 millions de conteneurs transitent sur les mers du globe, et on évalue que 2’000 à 10’000 d’entre eux passent par-dessus bord. Lorsque cela se produit, le capitaine du navire envoie un avis aux navigateurs et une fois à terre, en informe les autorités. « Le problème, c’est que l’on ne s’aperçoit pas forcément immédiatement de la perte de quelques conteneurs», explique un commandant de marine marchande. Aussi, il peut être extrêmement difficile de localiser un objet à la dérive. A la préfecture maritime Atlantique, tous les moyens sont mis en œuvre pour extraire les objets dangereux hors de la mer, tels que radeaux, billes de bois, ou encore troncs à la dérive suite à une crue. « Un navire de commerce qui rencontre une bille de bois de 6 mètres ne la sentira même pas, tandis qu’un coursier lancé à 15 nœuds aura un trou dans sa coque », explique le commandant.
L’océan est immense, mais le fait d’heurter un objet doit tout de même entrer dans un calcul de probabilités.
A ce jour, il est impossible de déterminer avec exactitude ce qui s’est trouvé sur la route du bateau.
