
La première transatlantique du nouveau 60 pieds de Bernard Stamm avait pourtant bien commencé. A mi-course, il était bien positionné dans le groupe de tête, mais au large des Açores, un objet flottant non identifié (Ofni) a croisé sa route, le laissant entre deux eaux. De telles rencontres à plus de 15 noeuds, ça ne fait pas de cadeau et dans le cas présent, un gros trou d’un mètre carré dans l’avant tribord de la coque du coursier. Après un remorquage délicat, ce fut un retour en urgence par cargo vers Brest où la bateau se trouve en chantier.
« Le diagnostic est clair, on a tapé quelque chose de dur, et c’est une bonne nouvelle, quelque part: la conception du bateau n’est pas en cause », explique Bernard Stamm, déjà fin prêt à relarguer les amarres pour d’autres aventures qui ne manqueront pas de sel. Mais en attendant, il faut panser les plaies de la bête de course. Une équipe de 12 professionnels est au chevet du 60 pieds et toutes les pièces – composites et autres – ont été auscultées et démontées. On ne badine pas avec tous ces petits points qui ne sont surtout pas des points de détails. En gros, ils ont déshabillé le coursier qui repartira avec des vêtements tout neufs. Début janvier, les grandes manoeuvres vont pouvoir commencer et la vie de l’équipe sera rythmée entre boulot de strate (stratification) et temps de séchage. La découpe d’un rectangle du moule va permettre à la coque de retrouver ses lignes, avec bien entendu le trou en moins. Jean-François Cuzon, l’équipier de Bernard, sera chargé de la partie électronique et moteur. Le gréement n’a pas trop souffert, mais les voiles davantage.
En attendant, Bernard Stamm a l’oeil rivé sur une date accrochée au calendrier: « Il faut que le bateau soit remis à l’eau fin mars – début avril, puisqu’un mois plus tard, place au Tour de l’Europe. Une chose est sûre: ce bateau est performant et puissant, même s’il n’est pas encore tout à fait optimisé ». Il devrait l’être avant le départ du Vendée Globe.
